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Vincent Paquette

Published on Tuesday, September 8, 2015

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Dossier Expansion : Les conclusions à tirer

Au cours de la dernière semaine, moi et mon collègue Jean-Sébastien Rodriguez avons eu beaucoup de plaisir à simuler une possible arrivée des Nordiques et d’une équipe à Las Vegas en recréant tout le processus d’expansion.

Vendredi dernier était d’ailleurs la dernière journée de la phase trois du processus d’expansion, alors que les deux villes candidates devaient déposer leurs plans financiers afin de démontrer la viabilité économique de leurs projets. La balle est maintenant dans le camp de la ligue, qui peut prendre autant de temps qu’elle le souhaite pour analyser les documents. Il ne reste plus qu’à savoir si les deux candidatures seront portées ou non au vote des gouverneurs de la ligue.

On espère bien sûr que Québec pourra retrouver son club chéri, mais avec tout ce que nous avons vu au cours des derniers jours, quelles sont les leçons que nous pouvons tirer d’un tel processus ?

Les équipes libèrent des vidanges

C’est le premier constat qui saute aux yeux lorsqu’on regarde le procédé d’une expansion. Bien que nos choix pour les équipes des divisions atlantique, métropolitaine, centrale et pacifique demeuraient hautement subjectifs, il reste que les équipes ne sont pas folles et ne libèreront pas leurs meilleurs joueurs dans un tel processus.

Malgré les restrictions qui obligent les équipes à libérer deux attaquants et un défenseur ayant disputé 40 matchs lors de la saison précédente, ou 70 au cours des deux dernières, il demeure que pratiquement l’ensemble des joueurs disponible représente un dépotoir de joueurs non désirables. De trop gros salaires, des vétérans finis, des joueurs de 3e-4e trio, bref la majorité des joueurs qui sont mis à disponibilité des clubs d’expansion sont des joueurs que les équipes existantes peuvent aisément remplacer. Tout ceci ne laisse donc pas grand-chose pour les clubs d’expansions, qui tels des charognards, doivent se battre pour obtenir les derniers bons morceaux laisser sur le chemin.

Des équipes vides de talent

Découle évidemment de ce premier constat le fait que ces nouvelles équipes ne peuvent compter sur de grands joueurs de talent. On a bien vu qu’aucune des équipes que nous avons concoctées avec les joueurs disponibles, ni Québec, ni Vegas ne pourrait se targuer d’avoir un alignement enviable à travers la ligue. Bien sûr, il y aurait toujours la possibilité de signer quelques agents libres, mais encore faut-il qu’ils acceptent de venir dans de tels clubs. Car aligner une équipe à majorité de joueurs de 3-4e trio ne permet pas à ces équipes d’avoir de très grandes aspirations, puis à moyen et long terme cela peu devenir très pénible si l’équipe ne rencontre pas de succès.

Il y a fort à parier que le promoteur de Las Vegas, Bill Fowley, n’avait aucune idée de ce que représentait un processus d’expansion lorsqu’il a déclaré en février dernier qu’une équipe à Las Vegas pourrait aspirer à la coupe Stanley au bout de 8 ans. En fait si l’on regarde les expériences passées, il peut s’écouler beaucoup de temps avant qu’une équipe d’expansion de connaisse du succès.

Le succès n’est pas toujours à porter de main

Nous n’avons qu’à regarder la dernière expansion pour bien comprendre que si Québec et Las Vegas obtiennent leurs équipes, il se peut que ces deux villes attendent quelques années avant de remporter du succès sur la glace.

Des quatre dernières équipes arrivées dans la ligue, les Predators de Nashville (1998), le Wild de Minnesota (2000), les Blue Jackets de Columbus (2000) et les Jets de Winnipeg qui sont en fait les anciens Thrashers de Atlanta (1999), c’est le Wild qui a été l’équipe à rencontrer le succès le plus rapidement. En effet, il n’aura fallu que trois saisons pour que la formation de Saint-Paul puisse atteindre les séries, alors que durant la saison 2002-03, le Wild était parvenu a terminé 6e de la conférence de l’Ouest et était même parvenu à la surprise générale à atteindre la finale de conférence de l’Ouest.

Ceci demeure le meilleur exemple et il est à souhaiter pour Québec ou Vegas que leur équipe pourra avoir autant de succès. Néanmoins, il y a aussi des cas bien pires. Malgré que les Prédateurs sont maintenant une puissance dans la ligue, il ne faut pas oublier que ceux-ci ont mis six saisons avant d’atteindre leur première participation aux séries. Ceux-ci ont participé 6 fois aux séries depuis leur création et ils ne sont toujours pas parvenus à franchir la première ronde. Il faut dire que la nouvelle formule des séries ne les a pas aidée la saison dernière.

Le cas de Colombus n’a également rien de bien rassurant. En quinze ans d’existence, l’équipe de l’Ohio n’a participé aux séries qu’à deux reprises et ils ne sont jamais parvenus à franchir la 1re ronde. Sans compter qu’il aura fallu huit ans avant d’obtenir leur première participation.

Finalement, du côté des défunts Trashers, ceux-ci n’avaient participé qu’une seule fois aux séries en 14 saisons. Si l’on ajoute les saisons des nouveaux Jets, arrivé en 2011-12, cette franchise n’a participé aux séries qu’à deux reprises lors des 17 dernières saisons, l’équipe étant parvenue pour la première fois la saison dernière à accéder aux séries depuis leur déménagement.

Ces exemples ne sont évidemment pas garant du futur des équipes de Las Vegas et Québec, mais il montre néanmoins une tendance, celle qu’il faut être patient avant d’espérer remporter du succès. Bien que nos simulations des Nordiques et de Las Vegas dans le jeu NHL 15 demeuraient purement ludiques, il reste que les résultats obtenus par les deux équipes pourraient bien être les leurs dans la réalité.

Il vaut mieux un déménagement

Il y en aura peut-être certains qui diront encore le contraire, n’empêche qu’il est assez difficile de concevoir qu’il pourrait être mieux d’avoir une équipe d’expansion plutôt qu’un déménagement d’une équipe déjà existante. Je parlais la semaine dernière du cas des Hurricanes, et bien que l’équipe croupit déjà dans les bas fonds du classement, il reste que l’équipe a déjà des assises plus solides que n’en aurait jamais un club d’expansion.

Des formations en difficultés financières telles que les Hurricanes, les Coyotes ou les Panthers représenteraient certainement de bien meilleures équipes qu’un club d’expansion. Ces équipes ont déjà des bassins de jeunes joueurs prometteurs tels que Dylan Strome, Max Domi, Noah Hanifin, Hayd Fleury, Aaron Ekblad ou Alexander Barkov et des joueurs réguliers plus talentueux que les potentiels joueurs que largueraient les équipes de la ligue en cas d’expansion.

Également, un déménagement serait bien plus profitable pour toute la ligue au niveau du hockey, alors que l’arrivée de deux nouvelles équipes viendrait certainement diluer davantage le talent de la ligue alors que nous verrions encore plus de joueurs de niveau de ligue américaine plutôt que des joueurs de grand talent.

Malheureusement, un tel scénario ne risque fort probablement pas d’arriver en majeur parti à cause du commissaire de la ligue, Gary Bettman. On connait tous son aversion pour le déménagement des franchises dans les marchés pour lesquels il s’est tant battu. Et puis, il faudrait être assez fou pour cracher sur le milliard de dollars que procurerait l’arrivée des deux équipes d’expansion.

Rien n’est toutefois coulé dans le béton et nous saurons au cours des prochains jours ou semaines si la possibilité de voir ces deux franchises s’ajouter à la ligue se concrétisera. Si tel devait être le cas, la joie des citoyens de ces deux villes pourrait être mise à dures épreuves au cours des années suivantes.

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